La crise sanitaire a porté un coup sévère au moral des salariés. Vecteur d’engagement et de fidélisation des collaborateurs, le bien-être et la santé mentale des salariés sont devenus des enjeux prioritaires pour les entreprises.

Protéger la santé mentale des salariés : une obligation légale

La santé mentale est définie par l’OMS comme “un état de bien-être qui permet à chacun de réaliser son potentiel, de faire face aux difficultés normales de la vie, de travailler avec succès et de manière productive et d’être en mesure d’apporter une contribution à la communauté”.  

La préserver est une obligation légale pour l’employeur. Selon l’article L. 4121-1 du Code du travail, il est tenu de prendre toutes les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale de ses salariés. En pratique, il ne doit pas seulement diminuer le risque, mais l’empêcher. Cette obligation est une obligation de résultat. Concrètement, en cas d’accident ou de maladie liée aux conditions de travail, la responsabilité de l’employeur pourra être engagée. 

Ces mesures comprennent des actions de prévention des risques professionnels, des actions d’information et de formation, la mise en place d’une organisation et de moyens adaptés » et il doit veiller à « l’adaptation de ces mesures pour tenir compte du changement des circonstances et tendre à l’amélioration des situations existantes». 

La santé mentale des salariés affectée par la crise

Isolement, anxiété, stress… Avec le télétravail et les confinements successifs, la santé mentale des salariés a été mise à rude épreuve. Un an après le début de la crise sanitaire, le cabinet Empreinte Humaine, spécialiste de la prévention des risques psychosociaux publiait son « Baromètre de la santé psychologique des salariés français en période de crise ».  

Les résultats sont parlants. Le taux de dépression nécessitant un accompagnement a explosé passant de 21 à 36 %. Et ce malaise est aussi plus visible. 63 % des salariés déclarent ainsi qu’ils voient de plus en plus de gens en situation de détresse psychologique.  

Parmi les plus impactés, les jeunes avec 62% des – de 29 ans en situation de détresse psychologique, suivis par les femmes (à 53%) et les managers (48%). Pour cette dernière catégorie, la situation est d’autant plus préoccupante qu’ils n’osent pas parler de leur situation (60%).  

Constat identique selon l’étude Adecco publiée en septembre 2021. Plus de la moitié des jeunes managers (54%) déclarent souffrir d’un burn-out et  3 travailleurs sur 10 expriment que leur santé mentale et physique s’est dégradée au cours des 12 derniers mois.

La santé mentale : une priorité pour les salariés

76% des salariés du privé considèrent l’employeur comme le garant de leur santé mentale (sondage Opinionway La santé en entreprise). Offrir un lieu de travail propice au bien-être arrive en seconde position des responsabilités qui incombent à l’employeur selon 59 % des sondés. Juste après la gestion financière et économique de l’entreprise. 

Quand on demande aux actifs quels sont les enjeux prioritaires ils citent le maintien de bonnes relations de travail, l’adaptation de l’organisation au nouveau fonctionnement et favoriser le bien-être des collaborateurs (Etude Qualisocial) 

Des besoins qui ne sont pas ou mal pris en compte, selon les salariés. Pour 67 % des non-cadres, les managers ne répondent pas à leurs attentes en matière de bien-être, selon l’étude Adecco. 70% des salariés considèrent également que l’entreprise pourrait faire plus pour protéger leur santé psychologique (Empreinte Humaine) 

Signe d’espoir, 72 % des répondants considèrent que la situation actuelle contribuera à accorder une place plus importante à la santé mentale au sein des entreprises, à l’avenir.  

La santé mentale en entreprise : un sujet encore tabou

Dans les faits, moins d’1/3 des entreprises mettent en place des actions pour favoriser le bien-être au travail. Ce sont principalement les entreprises de plus de 250 salariés qui le font (40%).  

Parmi les dispositifs proposés, des lignes téléphoniques d’urgence, de la documentation ou des formations en santé mentale ou encore des ateliers (sophrologie, méditation, nutrition…) 

A la décharge des entreprises, le sujet de la santé mentale est particulièrement tabou, notamment en France. 58 % des sondés révèlent ainsi qu’ils ne communiqueraient pas leur maladie à leur employeur s’ils étaient concernés. Et plus de sept salariés sur dix pensent que leur manager serait gêné en le découvrant. 

Le manager de proximité, garant de la santé mentale des salariés

Au cœur de la crise sanitaire, le manager de proximité a joué un rôle central dans la continuité de l’activité des entreprises, selon le sociologue François Dupuy. Au contact des réalités du terrain, il est souvent identifié comme un acteur clé, responsable du bien-être de ses équipes.  “ La réussite des entreprises sur le terrain de la santé mentale va reposer sur les managers de proximité, estime le consultant spécialiste des RH Arnaud Gilberton. En prise directe avec leurs équipes, ils sont les plus à même d’identifier les besoins individuels et d’adapter les politiques générales au cas par cas.” 

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